Comment entretenir les croix et les calvaires

LOI de 1905

Elle régit l’appartenance des calvaires comme de tous les biens religieux.

Principe général : Ces biens d’Église appartiennent non plus à l’Eglise, mais aux communes à charge pour elles de les entretenir.
Cependant, certains calvaires demeurent privés. En général, les fermiers (locataires de terres) ont la servitude d’entretenir les calvaires situés sur les terres louées.

  • Passer la croix à l’huile de lin ou la peindre en couleur bois.
  • Protéger la base de la croix contre le pourrissement du bois par infiltration de l’eau de pluie par une tôle peinte en marron.
  • Après un bon brossage, passer sur la croix un anti rouille type
  • Rustol ou la peindre en noir.
  • Veiller à ce que la base de la croix soit protégée par un cône en tôle ou en ciment pour éviter la stagnation de l’eau de pluie qui amènerait la rouille avec le temps.
  • Décaper avant de peindre car la superposition de peintures finit par cacher les inscriptions.
  • Le Christ sera peint en blanc cassé.
  • De même seront peintes en blanc cassé les statuettes incrustées dans les croix fuseaux ou présentes de chaque côté de celles-ci.
  • Auréole formée de rayons qui entourent la tête du Christ. Elle doit être peinte en doré non clinquant.
  • Garder la pierre naturelle ainsi que la brique, en évitant de les peindre.
  • Limiter l’utilisation du ciment pour les rejointoiements des socles en pierre.
  • Utiliser des mortiers de chaux légèrement teintés « ocre » pour les rejointoiements des socles en brique.
  • La pierre en général doit être traitée avec respect. Les ABF*, à juste titre, sont contre les traitements de choc, qu’ils soient chimiques ou mécaniques.
    *Architectes des Bâtiments de France

Pour la restauration des croix et calvaires

Remettre en état en conservant tous les aspects d’origine (architecture, dimension, forme, matériaux).
Ne pas cacher dans le ciment la base des arcs-boutants par rapport à la table de piédestal.

Utiliser une brosse à chiendent, la brosse métallique qui raye la pierre est à proscrire, ne pas utiliser d’agents chimiques agressifs, un simple nettoyage à l’eau avec savon liquide (genre savon à vaisselle) si nécessaire.

L’eau sous pression désagrège la pierre. Elle provoque des dommages mécaniques. L’eau de javel (ou hypochlorite de sodium) permet d’obtenir un effet immédiat mais attaque pierre et métaux. Elle entraîne la formation de chlorure de sodium (sel de cuisine).

Ce sel reste dans la pierre, aucun rinçage ne peut l’en faire sortir. Lorsqu’il cristallise, il entraîne une dégradation irrémédiable du matériau. (extrait du Petit guide à l’usage des personnes souhaitant entretenir une sépulture – Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques).

Les mousses et lichens ne sont pas des salissures mais le signe que la pierre vit et donc il faut les laisser vivre avec elle, c’est la marque du temps…
Ne pas faire disparaître les inscriptions, au contraire les protéger, éventuellement les photographier pour en garder la trace face à l’usure du temps

POUR UNE APPROCHE PLUS VISIBLE DU PATRIMOINE

Fleurissez-les.
N’hésitez pas à réduire la hauteur de la végétation entourant généralement le calvaire, pour voir au mieux le piédestal.
Veillez à élaguer régulièrement des branches d’arbres qui les entourent pour les mettre en valeur.

REFERENCES CADASTRALES

Faire mettre à jour les feuilles du cadastre (tous les calvaires n’y sont pas mentionnés). C’est assurer leur pérennité officielle.

POUR LA CONSERVATION DES CROIX DES SEPULTURES ABANDONNEES

Les fixer avec les éléments d’identification (épitaphe) contre les murs du cimetière. Ne les mettez pas dans les décharges, elles font le bonheur des brocanteurs, antiquaires qui les vendent.

POUR LA CONSERVATION DES CROIX SUR LES VITRAUX

Protéger ceux-ci par un grillage.

LES SÉPULTURES ANCIENNES DANS LES CIMETIERES RURAUX

Les tombes qui ne sont plus entretenues dans les cimetières ruraux finissent, après un délai règlementaire de constatation d’abandon, par être reprises par les municipalités.
C’est ainsi que parmi toutes ces tombes, certains monuments anciens et de caractère disparaissent chaque année.

Les cimetières

Pourtant certaines de ces sépultures sont des monuments qui méritent toute notre attention et plutôt que de les faire disparaître, il y aurait lieu de les sauver, les entretenir, les restaurer.

La plupart des croix en fonte du XIXème siècle qui surplombent les anciennes dalles funéraires, sont souvent des chefs d’œuvre de travail qu’il y aurait lieu de conserver, soit contre le mur du cimetière, soit contre le mur de l’église, partent trop souvent chez les ferrailleurs ou les brocanteurs peu scrupuleux qui les revendent à prix d’or.

Les vieilles pierres finissent à la décharge ou dans les chemins à empierrer, alors que les frais d’entretien des croix qu’elles soient en pierre ou en fonte ne sont pas excessifs.

Toutes ces vieilleries, comme aiment à le dire certains, sont un témoignage que nous ont laissé nos ancêtres et en leur mémoire il est de notre devoir de les préserver.

L’association « Les Appels d’Orphée » nous a fait parvenir un petit guide donnant des conseils d’entretien des sépultures que nous nous faisons un plaisir de vous faire découvrir car il peut s’avérer
très utile.

Mettez-le en bonne place dans votre mairie, faites-le connaitre à vos administrés et par cette simple action vous prouverez à chacun que vous êtes sensible au patrimoine de votre commune.